De plus en plus de femmes souhaitent bien préparer leur post-partum, et c’est une excellente chose. Pourtant, cette période reste encore floue, parfois redoutée, souvent idéalisée ou au contraire dramatisée. Quand on attend son premier enfant, il est difficile d’imaginer ce que l’on va réellement vivre après l’accouchement. On entend beaucoup de choses, mais rarement une vision globale, réaliste et bienveillante.
Cet article s’adresse à toutes les futures mamans, en particulier celles qui s’apprêtent à vivre leur premier post-partum, afin de les aider à anticiper, comprendre et adoucir cette transition majeure.
Qu’est-ce que le post-partum ?
Le post-partum, aussi appelé suites de couches, désigne la période qui commence juste après l’accouchement. Contrairement à une idée reçue très répandue, il ne dure pas seulement 1 à 3 mois. En réalité, le post-partum peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plus d’un an, tant sur le plan physique que psychique.
Pourquoi ?
Parce que le corps de la femme a mis 9 mois à créer un être humain, et il lui faudra du temps pour retrouver un fonctionnement proche de celui d’avant la grossesse. Ce processus est progressif, variable et totalement normal.
Les grands bouleversements du post-partum
Les saignements et les tranchées
Après l’accouchement, il est normal d’avoir des saignements appelés lochies. Ils peuvent durer plusieurs semaines.
Les tranchées, quant à elles, sont des contractions de l’utérus qui l’aident à reprendre sa taille initiale. Elles peuvent être impressionnantes, surtout lors de l’allaitement, mais elles sont le signe que le corps fait son travail.
La chute hormonale
Après la naissance, les hormones chutent brutalement. Cela peut provoquer :
-
des pleurs inexpliqués
-
une grande sensibilité émotionnelle
-
une impression de vide ou de tristesse
Ce phénomène est fréquent et porte le nom de baby blues. Il est généralement transitoire, mais mérite toujours d’être pris au sérieux et d'en parler à son/sa sage femme.
Les organes qui retrouvent leur place
Pendant la grossesse, les organes se déplacent pour laisser de la place au bébé. Après l’accouchement, ils doivent se repositionner, ce qui peut entraîner :
-
ballonnements
-
digestion plus lente
-
inconfort abdominal
D’où l’importance d’une alimentation douce et facile à digérer.
La fatigue physique et mentale
La fatigue du travail de l’accouchement, combinée aux nuits courtes, à la responsabilité d’un nouveau-né et à la charge mentale, met le corps et le cerveau à rude épreuve.
C’est ce que l’on appelle souvent le “mommy brain” : troubles de la mémoire, difficulté à se concentrer, sensation d’être débordée...
Peut-on vraiment bien préparer son post-partum ?
La réponse est oui… et non.
-
Non, car chaque femme, chaque grossesse, chaque accouchement et chaque post-partum est unique.
-
Oui, car il est tout à fait possible d’anticiper et de mettre en place des choses concrètes avant la naissance, afin de se sentir plus soutenue et moins dépassée une fois bébé arrivé.
Comment bien préparer son post-partum avant l’accouchement
Anticiper les repas pour se préserver
Après la naissance, les journées peuvent rapidement devenir intenses et cuisiner n’est pas toujours une priorité ni une possibilité. Anticiper les repas permet de se libérer d’une charge mentale importante.
L’idéal est de préparer (ou acheter) et congeler à l’avance des plats simples à réchauffer comme des purées de légumes, des soupes, des plats mijotés, gratins ou encore des lasagnes.
Ces repas doivent être faciles à digérer, car après l’accouchement, l’estomac et les intestins reprennent doucement leur place et le transit peut être ralenti.
Prévoir une dizaine de jours de repas est un vrai cadeau que l’on se fait à soi-même, et rien ne sera jamais perdu.
S’organiser avec le co-parent dès la grossesse
Le post-partum n’est pas une période que l’on traverse seule.
Même lorsque l’on allaite, le co-parent peut être un soutien essentiel. Il peut s’occuper des changes, préparer une boisson chaude pendant les tétées, proposer un massage, s'occuper du ménage et du linge ou encore prendre le relais pour rendormir le bébé après la tétée.
Parler de la gestion des nuits et du quotidien avant la naissance permet de poser des bases claires et d’éviter frustrations et incompréhensions lorsque la fatigue s’installe.
Maman solo
Avant la naissance, essayer d’identifier une personne de confiance pouvant servir de relais. Il peut s’agir d’un proche, d’un membre de la famille, d’un ami ou même d’un voisin bienveillant, disponible pour quelques heures, une présence ponctuelle ou simplement un soutien moral.
Anticiper la venue des proches
Les visites peuvent être une source de joie… ou de stress.
Si l’idée de recevoir du monde vous angoisse déjà pendant la grossesse, écoutez-vous.
Vous avez parfaitement le droit de rester dans votre bulle, de repousser certaines visites ou de poser des règles claires. C’est vous qui choisissez le rythme des rencontres, pas votre entourage. Votre bien-être et celui de votre bébé passent avant tout.
Prendre du temps pour soi après la naissance
Après la naissance, prendre du temps pour soi est essentiel pour se retrouver et souffler. Cela peut être un massage post-natal, un café avec une amie, une balade ou simplement quelques minutes de calme. Ces moments, même courts, permettent de se recentrer et de mieux vivre le post-partum. L’important est de s’autoriser ces temps pour soi régulièrement, sans culpabilité, car prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son bébé.
Bon à savoir :
Il existe des associations de soutien à la parentalité et des réseaux d’entraide dédiés aux jeunes mamans. Ces structures peuvent proposer de l’écoute, de l’aide matérielle, des visites à domicile ou un accompagnement émotionnel. Oser demander de l’aide n’est pas un échec, c’est une nécessité.
Le post-partum n’est pas une période faite pour être vécue dans l’isolement, encore moins seule.
S’entourer, même différemment, permet de préserver son énergie, sa santé mentale et de créer un environnement plus serein pour soi et son bébé.
À retenir
Écoutez-vous, entourez-vous, et souvenez-vous : vous venez de vivre quelque chose d’extraordinaire. Votre corps et votre cœur méritent bienveillance et patience.
